STRESS TENSIONS RESPIRATION ET DIAPHRAGME

STRESS TENSIONS RESPIRATION ET DIAPHRAGME

La respiration a une action sur la posture et sur notre bio-mécanique. Grâce au diaphragme, dont la racine grecque  (phrenos) signifie esprit ou pensée. Ce muscle que nos sollicitons constamment de part ses structures anatomiques joue un rôle considérable sur les contraintes auxquelles notre squelette est soumis. Pratiquer la respiration peut participer à corriger des problèmes de dos et de posture en général.

Le diaphragme thoracique

Le diaphragme thoracique appelé le plus souvent diaphragme est le muscle principal de la respiration. De structure visco-élastique en forme de parapluie, il est marqué de deux coupoles à droite et à gauche. Le diaphragme est constitué d’un tendon central, et de part et d’autre se trouvent les fibres musculaires se connectent au niveau du sternum, des côtes et des vertèbres. Le diaphragme sépare la cavité thoracique de la cavité abdominale. Il forme les limites supérieures du contenu viscéral. Le diaphragme forme également des orifices permettant aux veines et artères mais aussi aux nerfs de le traverser. Il est innervé par le nerf phrénique qui provoque sa contraction. Il assure la mécanique de la respiration en alternant les mouvements d’inspiration et d’expiration.

Les fascias et le diaphragme

Les fascias sont des tissus principalement constitués de collagène et contenant de nombreux corpuscules aux propriétés proprioceptives donnant énormément d’information sur le corps. une innervation importante et apparemment des nocicepteurs (récepteurs de la douleur). Ils contiennent également des fibres contractiles  qui ont probablement le mauvais goût de pouvoir spasmer, créant des dysfonctions et de la douleur. ils sont intégralement gérés par notre système sympathique. donc qu’ils sont sensibles aux stress… En réponse à ces stress, ils auront donc la tendance à spasmer.

Le diaphragme contient le centre phrénique. Un fascia positionné plutôt sur la face thoracique, mince et résistant. Un autre fascia, plus postérieur, créant un véritable réseau est le plan interfascial. Il se connecte au carré des lombes, au muscle psoas, mais aussi aux reins, à l’oesophage et au foie. Un autre système, le fascia transversalis. Ce dernier se lie au muscle transverse, au péricarde et se lie à des fascias cervicaux. Enfin, le fascia thoraco-lombaire se lie au trapèze, au grand dorsal, au grand fessier, aux obliques externes et au sacrum.

Les effets du diaphragme sur la posture

Ses insertions multiples et son point central dans le réseau des fascias, donne un rôle crucial au diaphragme. Douleurs cervicales ou lombaires peuvent donc être par  corrélées à des tensions et des dysfonctions du diaphragme… La raison est assez simple, les fibres contractiles du diaphragme sont bien meilleures pour se raccourcir que pour se détendre. Or, le diaphragme étant normalement toujours en mouvement, il peut participer à constamment maintenir les fascias mobiles, évitant qu’ils se spasment. Or, si le diaphragme fini par se bloquer ou à être trop crisper, il ne va plus pouvoir jouer son rôle et les fascias auront plus de mal à se relâcher sous l’action du diaphragme…

Deuxième point, le diaphragme est également lié à des muscles comme les psoas. Ces muscles répondent également aux stress et il semble qu’ils répondent également aux émotions par la contraction. La mobilité du diaphragme permet de maintenir du mouvement dans ces muscles pour éviter qu’ils spasment.

La mobilité du diaphragme

Le diaphragme se contracte à l’inspiration. De part ses insertions au niveau lombaire, le diaphragme va descendre dans la cavité abdominale en se contractant. Ensuite, lors de l’expiration, le diaphragme se relâche et remonte vers la cavité thoracique. Cependant, ce mouvement extrêmement simple a de grandes conséquences.

La conséquence la plus évidente est le travail sur la cavité viscérale. Les cycles d’inspiration/expiration permettent de faire bouger les viscères et nous n’avons aucun moyen de contrôler les muscles lisses qui entourent nos viscères. Or, comme d’habitude, en cas de stress, ces muscles se contractent et il est impossible de les étirer. Le diaphragme, via la respiration complète offre un véritable massage viscéral permanent.

Moins évident, le rôle du diaphragme sur la posture corporelle. Comme nous l’avons vu, le diaphragme via ses fascias est « accroché » à de nombreux muscles profonds. Ceci implique que ces muscles vont être partiellement mis en mouvement par le diaphragme. Ceci peut-être intéressant pour soulager certaines douleurs liées à des tensions musculaires. Des pistes par exemple montrent que cela pourrait avoir un effet sur les lombalgies chroniques. Ceci a fait l’objet d’un article d’ailleurs et d’une thèse de médecine.

D’autre part, via ses insertions au niveau de la colonne, il peut à la fois  mobiliser le rachis s’il est en bonne santé ou au contraire le verrouiller s’il est tendu. Cela se sent assez facilement avec la respiration naturelle qui fait bouger les lombaires en réduisant la lordose sur l’inspiration et en la creusant sur l’expiration. Cependant, des effets comparables sont décrits au niveau thoracique, cervical et même crânien!

Diaphragme et émotions

Il est connu en yoga et dans les traditions anciennes que le diaphragme (mais aussi les psoas et l’ensemble de la chaîne profonde) enregistre les émotions. Sa proximité avec le système nerveux végétatif peut l’expliquer. Toutefois, en pratique, toutes les émotions, positives ou pas, si elles ne sont pas évacuées par du mouvement, restent enregistrées dans le muscle. Si le muscle n’est pas étiré, il va rester contracté, gênant la respiration et le mouvement du reste du corps qui lui est lié.

Comment évacuer l’émotion? Synchroniser le mouvement. Une émotion positive nous faisant rire se diffuse par le mouvement de rire. Par contre, une émotion telle que la tristesse ou la colère qui est socialement moins accepté ne va pas être évacué par le mouvement créant une tension corporelle. Cette tension s’enregistre dans le diaphragme. il faut donc chercher à évacuer l’émotion comme le corps en a envie.

L’autre solution consiste à évacuer par la parole (qui reste du mouvement d’ailleurs).

Comment relâcher les émotions déjà enregistrées?

Une émotion qui a été enregistrée créer une tension musculaire. Ces tensions vont s’accumuler en stressant le corps jusqu’à ce qu’il soit en état d’épuisement. D’ailleurs, souvent, un burn-out poussé à l’extrême provoque des convulsions, le corps faisant des mouvement extrêmement violent pour se libérer.

Comment alors l’évacuer? Le mouvement permet d’enlever ce qui est récent. C’est pour cela que pratiquer une activité physique est importante. Par contre, les vieilles émotions et les peurs stockées sont difficiles à faire passer. Il y a deux stratégies. La première, le massage, pour relâcher les muscles et les étirer. Le massage du plexus solaire permet de détendre le diaphragme. Le diaphragme permet de masser le corps en interne et relâcher les tensions de la chaîne respiratoire (profonde). La seconde solution, amener le muscle à se détendre. Telles que la pratique de pranayamas et le yoga.

Le diaphragme est un muscle méconnu et central à tous les niveaux. Le maintenir en bonne santé et mobile est un enjeu majeur pour conserver une bonne santé. Grâce à un travail respiratoire, vous pourrez ainsi maintenir la bonne santé de ce muscle. Un diaphragme bien mobile permettra ensuite d’éliminer les tensions émotionnelles mais aussi posturale. Enfin, il permettra de mobiliser par le centre la plupart des réseaux de fascias qui eux aussi enregistrent le stress. Stress que vous pourrez aussi maîtriser par le feedback que le diaphragme peut donner au système nerveux végétatif.

Prenez soin et utilisez ce muscle central cela changera considérablement votre vie quotidienne.